EMMANUEL RINGELBLUM

CHRONIQUE DU GHETTO DE VARSOVIE.

Édition Robert Laffont. 1958. 372 p.

 

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Présentation du livre :

 

… Janvier 1941. Aujourd’hui, 5 janvier, on m’a parlé du ghetto de Lodz. Les gens y ont l’air de mendiants, ils sont affamés, leur dos est recourbé; on y reçoit de nombreuses lettres annonçant la mort d’amis et de parents (dans les camps de travail). Dans la rue, j’ai rencontré Mandeltort, un ancien manufacturier de Lodz. Il marchait le dos recourbé, s’appuyant sur une canne, comme un mendiant. On dit que Rumkowski a ordonné à toute la population du ghetto de lui remettre les fourrures, sous peine d’emprisonnement. Les gens de Lodz vendent leurs fourrures pour une bouchée de pain. Par exemple, on demande 50 marks pour une fourrure qui aurait pu être vendu à Varsovie pour 1000 zlotys. Dans les rues, on voit ces jours-ci mendier des bandes d’enfants en haillons. La prostitution se répend. Hier, j’ai été accroché dans la rue par une femme d’aspect très respectable. La misère conduit à tout. Pourquoi ont-ils créé les ghettos? D’après une version, ils veulent concentrer tous les Juifs polonais en quatre endroits : Varsovie, Cracovie, Kielce et Radom. Ceci en prévision d’une guerre à l’Est, pour améliorer la sécurité à l’arrière…

 

Critique du livre :

 

A l’automne 1939, les armées allemandes occupent la Pologne. Ringelblum a alors trente-neuf ans. Historien, sociologue, économiste, cet homme de science est aussi un homme d’action; leader et militant politique. Ainsi, par ses activités même, il est au cœur des événements; à Varsovie, il est informé de tout ce qui advient aux Juifs de Pologne. Dès octobre 1939, il a commencé à tenir son journal; mais, s’il veut porter témoignage de la catastrophe qui vient de s’abattre sur son peuple, il ne peut suffire seul à la tâche; en mai 1940, il constitue une équipe; le journal devient collectif, les archives s’accumulent. Si cette masse de matériaux ne put être mise en forme, comme le souhaitaient Ringelblum et les survivants de son équipe au début de 1943, c’est que précisément à cette époque, les nazis s’acharnent sur le ghetto. A la veille de l’insurrection d’avril 1943, les archives et le texte de la CHRONIQUE sont enfouis dans le sol de Varsovie eu deux endroits différents. Retrouvés partie en 1946, partie en 1950, ces textes constituent l’un des documents les plus bouleversants de l’histoire humaine.

Le 7 mars 1944, Emmanuel Ringelblum avait été assassiné sur les ruines du ghetto de Varsovie.

Pour suivre au jour le jour la vie à l’intérieur d’un ghetto, ses horreurs, répressions, mais également, la rage de vivre de ses occupants, ce livre est un " must " pour toutes personnes désirants se faire une idée de cette sombre période de l’histoire, qu’est l’HOLOCAUSTE. Collaboration entre Juifs, mais aussi entre Juifs et Allemands (KAPOS), vous serez estomaqué par les récits de Ringelblum. Pour le plaisir de lire ou encore pour toutes personnes faisants une recherche sur le sujet, Chronique du ghetto de Varsovie vous gardera en haleine du début à la fin.

 

Ma cote sur 10 : 9.