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GUIDE D’AMÉNAGEMENT D’UN SENTIER DE NICHOIRS POUR LA SURVEILLANCE DU MERLEBLEU DE L’EST ET DE L’HIRONDELLE BICOLORE AU
SAGUENAYLAC-SAINT-JEAN, QUÉBEC
par Michel Savard
Comité de surveillance du Merlebleu de l’Est et de l’Hirondelle bicolore
Club des ornithologues amateurs du SaguenayLac-Saint-Jean (COASLSJ)
© 30 avril 2008 (3e édition)
(version pour téléchargement)
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Le 7 chanceux!
Photo : Michel Savard, Larouche 1990. |
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Hirondelles bicolores.
(Photos : Michel Savard, Saint-Honoré 1995, Larouche 1990) |
CALENDRIER Pour planifier la construction, l’installation et la surveillance des nichoirs, consultez le tableau 1. Celui-ci repose sur les données biologiques recueillies sur le Merlebleu de l’Est, l’Hirondelle bicolore et la Mésange à tête noire, entre 1985 et 2007 au SaguenayLac-Saint-Jean. La période indiquée correspond à la probabilité de dix-neuf fois sur vingt (95 %) de retrouver des oeufs et des oisillons au nid. Occasionnellement, l’arrivée printanière, la ponte, l’éclosion ou l’envol peut se produire une à deux semaines avant ou après les dates indiquées (consultez le graphique 1 pour plus de détails).


CHRONOLOGIE D’UNE NIDIFICATION
Le tableau 2 renferme des informations biologiques utiles pour l’identification des occupants du nichoir. Il aide aussi à prévoir la ponte, l’éclosion et l’envol des jeunes.
Il est possible que le Moineau domestique, l’Étourneau sansonnet, le Troglodyte familier et le Tyran huppé puisse occuper un nichoir. Il en est de même pour des petits mammifères : le Grand Polatouche, l’Écureuil roux, le Tamias rayé, la Souris sylvestre et la chauve-souris. Chez les insectes, des guêpes (Dolichovespula sp.) peuvent nidifier dans le nichoir ainsi que des bourdons (Bombus sp.) dans la mousse d’un vieux nid de mésange.

CONSTRUCTION DES NICHOIRS
Le merlebleu et l’hirondelle n’ont pas de préférence pour un type particulier de nichoir. Mais, selon certains chercheurs, les oiseaux nés dans un nichoir ont tendance à rechercher le même modèle pour nicher.
Modèles recommandés
Nous vous recommandons ces plans de nichoirs :
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Le modèle de nichoir standard, inspiré de celui de Lawrence Zeleny, est facile à construire et convient parfaitement aux exigences du Merlebleu de l’Est et de l’Hirondelle bicolore. Il s’agit d’un nichoir à toit-ouvrant et au plancher 5 X 5 pouces (à l’intérieur). Un plancher 4 X 4 ou 4 X 51⁄2 pouces, suggéré par d’autres auteurs, convient également. Ce type de nichoir ne permet pas à l’étourneau de s’y établir. S’il est bien situé, il n’attirera pas le moineau. |
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Le modèle Dick Peterson est une variante au devant incliné du nichoir standard. Le large toit (9 X 13 pouces) protège mieux du rayonnement solaire et empêche un chat ou un raton-laveur d’atteindre le trou d’entrée. |
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Le modèle Zuern est surnommé le « nichoir anti-prédateur ». Entre l’espace de couvaison et l’entrée, une antichambre empêche tout prédateur éventuel d’atteindre le nid. Ce nichoir est très efficace contre les mammifères, étourneaux, etc. |
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Consignes générales de fabrication:
Les dimensions du nichoir sont données en pouces et conviennent avec l’utilisation de matériaux de 3/4 de pouce d’épaisseur ou d’un madrier 2 X 4. L’utilisation du contre-plaqué ou de la planche de cèdre est recommandée. Si nécessaire, on peut recouvrir le toit et les côtés extérieurs d’une couche de peinture de couleur pâle. Évitez les vernis et les produits toxiques.
Il est important de respecter les dimensions indiquées sur le plan. L’épaisseur des matériaux assure une bonne isolation. L’ouverture par le toit rendra facile et sûre l’observation de la nichée et facilitera le nettoyage du nichoir. La fixation du toit au moyen d’une vis requiert l’emploi d’un outil pour l’ouvrir; ceci découragera les curieux.
Les trous et l’espace entre le toit et le haut des planches de côté assurent la ventilation. Les coins du plancher sont coupés en biseau afin de permettre une meilleure ventilation et aussi l’égouttement. Des traits de scie horizontaux à l’intérieur, entre le trou d’entrée et le plancher d’un nichoir standard ou Peterson, faciliteront la sortie des oiseaux. Le perchoir est à proscrire.

Couvée d’hirondelles dans un nichoir Zuern.
(Photo : Michel Savard, Saint-Honoré 1995)
INSTALLATION DES NICHOIRS
Un sentier à merlebleu consiste en une série de nichoirs installés dans l’habitat propice à la nidification du Merlebleu de l’Est. Toutefois, l’Hirondelle bicolore, surtout, et la Mésange à tête noire, à l’occasion en lisière forestière, adopteront aussi ces nichoirs. Plus on installe de nichoirs, plus on a de chance d’attirer ces oiseaux. Un sentier doit comporter un minimum de cinq nichoirs dans les sites où le merlebleu a déjà niché; au moins une dizaine, de préférence 15, dans les sites potentiels.
Où les installer?
Le merlebleu fréquente particulièrement les champs abandonnés au sol sablonneux ainsi que les gazons, les terrains vagues et les prés herbeux et secs. Les lieux secs où abondent les criquets, grillons et sauterelles sont excellents. La présence d’une forêt de pins gris (cyprès) ou d’une bleuetière à proximité donne une bonne indication des sols propices. La présence d’arbustes fruitiers (cerisiers, amélanchiers, bleuetiers) en marge de ces milieux ouverts ou d’un plan d’eau augmente vos chances. Évitez d’installer un nichoir trop près de la forêt dense, des habitations de ferme, des silos à grains et des mangeoires.
Quand les installer?
Après la saison de nidification, avant de repartir pour le sud, les merlebleus et les hirondelles recherchent des sites potentiels de nidification pour l’année prochaine. Le merlebleu peut aussi occuper les nichoirs pour dormir à l’abri des intempéries et des prédateurs. Pour ces raisons, il est donc stratégique d’installer de nouveaux nichoirs avant la mi-octobre pour attirer le merlebleu, ou en août pour attirer l’Hirondelle bicolore.
Si vous avez construit des nichoirs en hiver, il est préférable d’installer vos nichoirs dès les premiers jours d’avril ou plus tôt, car les premiers merlebleus et hirondelles arrivent généralement à la mi-avril dans la région du SaguenayLac-Saint-Jean. Toutefois, comme d’autres oiseaux peuvent arriver plus tard ou reprendre leur nidification dans la saison, on peut en installer jusqu’en juin, mais la probabilité d’occupation est moindre.
Comment les installer?
Idéalement, l’entrée du nichoir devrait faire face à un espace dégagé offrant un bon panorama, à au moins 10-30 mètres de la lisière de la forêt, des habitations ou de la bande riveraine. Ne pas en installer près de mangeoires afin d’éviter la prédation par les écureuils et les chats.
La distance entre chacun des nichoirs doit être environ de 75 à 100 mètres. Dans les sites où abonde l’Hirondelle bicolore, un nichoir additionnel peut être installé en pair à environ sept mètres du nichoir occupé par l’hirondelle.
Le nichoir est placé à une hauteur de 1,5 à 3 mètres du sol. Si nécessaire, prévoyez un tabouret pour inspecter par le dessus le contenu du nichoir au toit-ouvrant. Les piquets de clôture, les poteaux et les troncs d’arbres isolés offrent de bons supports. Fixez solidement le nichoir à l’aide de broche, de vis ou de clous. Dans la mesure du possible, l’entrée du nichoir devrait être exposée au sud.
Numérotation des nichoirs
Attribuez un numéro différent à chacun de vos nichoirs. Utilisez un marqueur à encre permanente ou encore gravez le numéro de façon à ce qu’il soit lisible de loin à l’aide de jumelles. Ce numéro vous permettra de ne pas confondre les nichoirs lors de la cueillette des données d’observation. Pour la surveillance de la nidification du couple de merlebleus ou d’hirondelles, consultez l’aide-mémoire de la fiche de nidification.
Entretien et remisage des nichoirs
Souvent en automne, des merlebleus retournent brièvement au nichoir qu’ils ont occupé en été. Ainsi, le nettoyage des nichoirs s’effectue une fois par année, de préférence tard en automne, plus précisément après la mi-octobre au SaguenayLac-Saint-Jean. Si nécessaire, on peut alors les enlever et les remiser pour l’hiver.

Sentier de nichoirs aménagé par Jean-Marie Bouchard à La Baie, Saguenay.
(Photo : Michel Savard, 1992)

(Photos : Michel Savard, La Baie 1992, Saint-Honoré 1993, Saint-Honoré 1989)
SURVEILLANCE DE LA NIDIFICATION DANS LES NICHOIRS
La législation québécoise interdit à quiconque de déranger le nid d’un oiseau migrateur de toute espèce. Il est cependant toléré, dans le cadre d’un programme de surveillance, que les participants bien informés procèdent, avec méthode, à l’ouverture d’un nichoir dans le seul but d’examiner son contenu pour la cueillette de données biologiques. Ne jamais manipuler les oeufs ou les oisillons sans les conseils et la présence d’un spécialiste détenant un permis scientifique à cette fin. Informez les voisins de la présence des nichoirs et des buts scientifiques poursuivis.
Fréquence des inspections : « 10-20-30/mai-juin-juillet »
Pour recueillir suffisamment de données biologiques afin de connaître la phénologie, la productivité et l’issue de la nidification du merlebleu, de l’hirondelle et de la mésange, il est recommandé de visiter chaque nichoir aux dates du 10, 20 et 30 des mois de mai, juin et juillet. Le mois d’août peut s’ajouter si vous observez des secondes nichées et des reprises de nidification. Généralement, tous les jeunes ont quitté les nichoirs à la fin de juillet au SaguenayLac-Saint-Jean.
Surveillance de la ponte et de l’éclosion : « + 5-15-25 juin »
Afin de déterminer plus précisément la période de ponte et la date d’éclosion, il est suggéré d’inspecter le contenu du nichoir à tous les cinq jours au mois de juin. Examinez méticuleusement les nids d’hirondelle ou de mésange car les plumes ou la mousse peuvent cacher des oeufs ou des oisillons. Bien noter leur couleur (les oeufs de merlebleu sont parfois blancs), leur nombre et leur grosseur relative lorsque vous observez pour la première fois des oeufs et des oisillons.
Si vous désirez surveiller plus attentivement la nidification, des visites à tous les deux jours, de la construction du nid à l’envol des jeunes, s’avèrent des plus intéressantes. Cependant, il faut bien lire les instructions suivantes afin de respecter les périodes les plus vulnérables pour le merlebleu et l’hirondelle. Évitez d’effectuer plus d’une inspection par jour.
Autres consignes à respecter:
Une inspection du contenu du nichoir, de son ouverture par le toit à sa fermeture, prend normalement moins de trois minutes. Évitez tout prolongement inutile lorsque vous êtes accompagné ou lorsque vous prenez des photos.
Lors de l’inspection des nichoirs, il s’avère très important de prendre des notes. Les données biologiques recueillies sur l’Hirondelle bicolore, la Mésange à tête noire et autres espèces possibles sont aussi importantes que celles sur le merlebleu. Vérifiez aux jumelles si les adultes sont bagués ou portent une marque de couleur. Notez le début et la fin de la construction du nid, le nombre d'oeufs et d’oisillons, leur état (vivants, apathiques, morts). Notez également la présence de prédateurs aux alentours (Faucon émerillon, Épervier brun, chat, raton-laveur). Il est également très utile de noter le nombre de nichoirs occupés par un mammifère, un guêpier ou par une colonie de bourdons (notamment dans un nid abandonné de mésange), ainsi que le nombre restés inoccupés durant la saison. Transcrivez ces informations sur les fiches de nidification que vous aurez préalablement numérotées en fonction de vos nichoirs.

Guêpier dans un nichoir ouvert en hiver.
(Photo : Michel Savard, Larouche 1991)
Les plus grands risques d’abandon des nids surviennent lors de la période de ponte (la femelle pond au rythme de un oeuf par jour) et lors des premiers jours de couvaison (la femelle incube seulement après avoir pondu son dernier ou avant-dernier oeuf). Lorsque vous constatez qu’un premier oeuf est pondu, ne vous attardez pas autour du nichoir et ne retournez l’inspecter que quatre jours plus tard. Ne jamais enlever le nid d’un nichoir pendant la saison de nidification, même si celui-ci semble inoccupé.
Souvent en fin de journée, la femelle couve. Il est préférable d’ouvrir le nichoir pendant que la femelle est hors du nid. On imite quelques cris pendant l’approche et on cogne légèrement sur le côté du nichoir pour lui permettre de quitter le nid. Ne pas la déloger lorsque l’on constate qu’elle est demeurée sur son nid. Refermez doucement le nichoir et retournez le jour suivant en milieu de journée.
La vitesse de développement des oisillons varie selon la disponibilité de la nourriture et le nombre d’oiseaux (adultes et juvéniles de la première nichée) les nourrissant. Il est donc difficile de déterminer l’âge des oisillons sans connaître la date de l’éclosion. Les repères suivants peuvent être notés. Le jour de l’éclosion, les oisillons sont nus et pas plus gros que deux fois la grosseur des oeufs. La taille des oisillons double le jour suivant. Au 7e ou 8e jour, les yeux sont complètement ouverts et les plumes des ailes commencent à sortir de leur fourreau. À partir du 11e ou du 12e jour, on peut déterminer le sexe des oisillons par la couleur des plumes des ailes : bleu brillant chez le mâle; gris-bleu pâle chez la femelle.

Oisillons de merlebleu âgés d’environ 7 jours et 14 jours.
(Photos : Michel Savard, Saint-Fulgence 1995, Hébertville 1992)
Les oisillons âgés de moins de cinq jours (yeux complètement fermés) sont fragiles aux températures extrêmes. La durée de l’inspection ne devrait pas dépasser une minute par temps froid et humide. En ouvrant le nichoir, protégez des rayons du soleil les oeufs ou les oisillons.
N’ouvrez pas le nichoir lorsque les oisillons sont âgés de plus de 14 jours afin d’éviter le plus possible un envol prématuré des jeunes. L’ouverture par le toit et une inspection rapide diminuent grandement ce genre de risque. Les jeunes quittent normalement le nichoir à l’âge de 16-20 jours.
N’utilisez jamais d’insecticide ou de désinfectant pour nettoyer le nichoir. Les asticots-sangsues (larves de mouches parasites, ou protocalliphores) et les puces, même nombreux, compromettent rarement le développement de la nichée. En dépit de tous les préjugés, le parasitisme des protocalliphores n’occasionne que très rarement la mort d’oisillons; les cas de décès sont le plus souvent attribuables à un ensemble de facteurs écologiques plutôt qu’au parasitisme lui-même. Lisez l'article: "Les Pesticides: à bannir dans les nichoirs"
La construction et l’installation de nichoirs, leur inspection régulière faite promptement et avec circonspection, ne nuiront aucunement à la nidification du merlebleu, de l’hirondelle ou de la mésange, mais la favoriseront, en plus de contribuer aux connaissances scientifiques. Si lors d’une inspection de routine vous suspectez un problème pouvant affecter la survie de la nichée, n’hésitez pas à communiquer avec une personne d’expérience afin d’évaluer la situation et, s’il y a lieu, de déterminer le type d’intervention le plus souhaitable.

Parasitisme par les protocalliphores observé lors du baguage d’oisillons
de merlebleu : asticot-sangsue accrochée au croupion, au tarse et à l’aile.

Stades de développement de Protocalliphora sialia : larves (asticots-sangsues),
pupes et adulte (imago).
(Photos : Michel Savard, 1990-1992)
LIENS D'INTÉRÊT:
Club des ornithologues amateurs du SaguenayLac-Saint-Jean (COASLSJ) inc.
Étude des populations d'oiseaux du Québec
Présence du Hibou des marais à Chambord en 2007
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